Balade mégalithique

Les forêts ombreuses et les vallées arrosées de cours d'eau, la Loire, le Cher, l'Indre, la Vienne et la Creuse avec leurs affluents, de verdoyantes prairies attirèrent les tribus avides de chasse et de pêche et fixa les peuplades. De cette période lointaine, divisée en paléolithique ou pierre taillée, et néolithique ou pierre polie, il demeure des témoins dit mégalithes. Sans parler des puits funéraires de Sublaines, des stations de Pernay et d'Abilly, on connaît partout les ateliers du Grand-Pressigny, qui exportaient leurs produits dans le monde entier. Les menhirs, se dressent comme un mémorial, un terme, un ex-voto, un symbole religieux ou civil, et l'on visite notamment ceux de Draché, de la Pierre Chaude et de la Pierre Bachelière. Les dolmens ou chambres funéraires gardaient les ossements des chefs et dignitaires des clans. Parmi les principaux figurent ceux de l'Ile Bouchard, de Pussigny, de Hys, et surtout celui de Mettray, ou mieux de St-Antoine, dit « la Grotte des Fées »  (Extrait de la Touraine à Travers les Ages de Louis DUMONT 1920)

 

 

- Balade mégalithique - Balade mégalithique

Un mégalithe est un monument constitué d’une ou plusieurs pierres de grandes dimensions, érigées (ou levées) par les hommes, généralement au cours de la préhistoire, sans l’aide de mortier ou de ciment pour fixer la structure. Le nom vient des termes grecs megas (μέγας), grand et lithos (λίθος), pierre.

 

Le terme « mégalithe » recouvre différentes structures. Parmi les mégalithes préhistoriques, on distingue principalement :

- les menhirs, pierres dressées plantées verticalement en terre ; (6)

- les dolmens, tombeaux constitués de dalles souvent monumentales ou des allées couvertes, formées de plusieurs pierres dressées (ou orthostats) recouvertes par une ou plusieurs dalles (ou table) ; (19)

- les alignements, une ou plusieurs lignes de menhirs, de même direction approximative

- les cercles de menhirs, plus ou moins complets (parfois appelés cromlechs) (1)

- les hypogées, grottes artificielles creusées par l’homme, avec couloir en pente douce, vestibule et chambre sépulcrale ; ils sont classés parmi les mégalithes puisqu'ils étaient souvent signalés par des dalles monumentales à l’extérieur afin d’en indiquer l’entrée. (0)

 

Au sens strict et archéologique du terme, les mégalithes désignent des constructions faites avec de grandes pierres, mais surtout élevées à l'époque préhistorique.

- la carte des mégalithes en Touraine par Mikerinos - la carte des mégalithes en Touraine par Mikerinos

Les dolmens d'Indre-et-Loire se répartissent en trois grands groupes géographiques. Celui de la vallée de la Vienne est le plus remarquable, montrant un regroupement net le long de la vallée. Dans le nord du Lochois et en Champeigne tourangelle, quelques dolmens sont bien regroupés tandis qu'au nord de la Loire on observe un semis de monuments très divers. Il n'y a pas de grande unité dans leur architecture, on note des dolmens simples qui ne sont constitués que de trois blocs, des dolmens plus complexes du type de ceux de l'Anjou mais n'en ayant pas exactement toutes les caractéristiques et enfin des dolmens possédant une chambre circulaire. L'allée couverte de Saint-Antoine-du-Rocher, au nord de la Loire, est le plus remarquable de tous ces monuments ; sa dalle de couverture médiane a une masse qui est de l'ordre de 50 tonnes, la dalle septale porte un polissoir dont la position laisse penser qu'il existait avant que la dalle ne soit utilisée pour la construction du dolmen. C'est aussi le plus proche de la vallée de la Loire mais sa présence à cet endroit est plus liée à la géologie du lieu, l'existence à cet endroit de blocs de grès et de « perrons » de Touraine autorisant son élévation. Les autres grands dolmens du même type se trouvent dans la vallée de la Vienne avec les exemples de Cravant-les coteaux et de Thizay. Le dolmen du Liège (Nord Lochois) est un remarquable dolmen à chambre circulaire dont la dalle de couverture possède également un polissoir. Il reste une partie du tertre autour du monument, ce qui a permis au colmatage de petites pierres qui se trouve entre les orthostats d'être conservé. Il est probable que, comme pour tous les autres monuments, celui-ci était recouvert d'un tumulus de pierres et de terre dont il ne reste donc aujourd'hui que la base. Les dolmens simples ne sont constitués que de quatre éléments : trois orthostats et la dalle de couverture. A Charnizay, on peut se demander si le dolmen a jamais été complètement érigé car trois énormes dalles seulement sont présentes et deux seulement sont érigées

Le Dolmen de La Pierre Levée.

Elément intéressant : tout autour du dolmen, on peut noter la présence d’un demi-cercle réalisé par plusieurs blocs d’environ 50 voire 60 cm de haut. Il s’agit d’un ancien cromlech (ceinture de pierre). Habituellement ces blocs de roche délimitent un tumulus ; bien qu’ici il semble n’en rester aucune trace.

Le Dolmen de Gargantua.

Comme la plupart des dolmens, celui-ci ne fait pas exception à la règle et il semblerait qu’il fut utilisé en tant que monument funéraire. Ils auraient été construits pas les habitants des premiers villages (agriculteurs, éleveurs). Cependant, les quelques blocs qui subsistent aujourd’hui ne nous donnent qu’une vague idée de l’importance et de
l’architecture de ces sépulcres.

Le Dolmen de La Pierre Chaude.

Une fouille a été effectuée au niveau de la chambre funéraire vers 1887, elle a atteint 1,20m de profondeur. On y a retrouvé des squelettes des éleveurs et
agriculteurs de la période Néolithique qui l’ont édifié ; ce dolmen a donc été une sépulture. De plus, on y a découvert des ossements d’animaux, de même que, du
charbon et des cendres, des vases en poterie, des pierres et silex taillés. Ces derniers étaient considérés comme des offrandes données aux défunts.

Des mégalithes furent érigés à de nombreux endroits de la planète. Sur le territoire français, on peut citer le tumulus de Bougon ou le cairn de Barnenez qui peuvent être datés du Ve millénaire av. J.-C., soit plus de 2 000 ans avant la première pyramide égyptienne. Ces constructions extrêmement nombreuses datent généralement du Néolithique ou du Chalcolithique (4700 à 1500 av. J.-C.), tel Stonehenge en Angleterre. Mais le tumulus F de Bougon a fourni la date de 4785 av. J.-C. dans sa partie Fo7. Les alignements de Carnac datent d'environ 4000 av. En Belgique, plus de cent vingt sites de mégalithes, dolmens et menhirs sont relevés, dont les alignements de Weris avec les dolmens et cromlechs qui leur font cortège, les pierres de Mousny-lez-Ortho, Gozée, Sart-lez-Spa, Neerwinden, Manderfeld, la tombelle de Tourinnes-Saint-Lambert9,10,11 et jusque dans Bruxelles où des toponymes (Tomberg, Plattesteen, etc.) témoignent de l'existence d'anciens monuments mégalithiques.J.-C.8.

L'important groupe mégalithique méditerranéen de Corse et Sardaigne se prolonge jusqu'en Syrie. Le mégalithisme de Malte (Ggantija, 3500 av. J.-C.) constitue un cas particulier et culturellement assez indépendant.

En Sicile se trouve le plateau de l'Argimusco près de la ville de Montalbano Elicona où sont situés plusieurs mégalithes qui ont une forme très singulière encore d'incertaines sources. En Inde, les monuments mégalithiques datent du IIe millénaire av. J.-C. jusqu'au milieu du Ier millénaire av. J.-C.. C'est dans la région du sud de l'Ethiopie que se trouve encore aujourd'hui la plus grande concentration de mégalithes de tout le continent africain. ils se divisent en deux ensembles distincts: des cistes dolmeniques datant du IIe millénaire av. J.-C. pour l'ensemble le plus ancien, et d'autres, plus récents (Ier millénaire de notre ère), se comptent par milliers (un chiffre de 10 000 est avancé) dans le Shoa et le Sidamo éthiopien. La Colombie possède des dolmens : San Augustin et Alto de los Idolos, les deux sites principaux ne sont distants que de quelques kilomètres. Ils s’étagent du VIe siècle av. J.-C. jusqu'au XVe siècle. Au Brésil : Une équipe d'archéologues brésiliens a découvert sur le site de Calçoene (État amazonien d'Amapá) près de la Guyane française, un observatoire astronomique datant de l’époque antique, remontant probablement à 2000 ans.