L'entrevue de Montoire est la rencontre qui eut lieu le  entre le maréchal Pétain et Adolf Hitler dans la gare de Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-CherFrance). Elle avait été longuement préparée par la rencontre du ministre français des Affaires étrangèresPierre Laval, avec l'ambassadeur d'AllemagneOtto Abetz. La rencontre avec Hitler et Ribbentrop, deux jours auparavant au même endroit, devait poser les bases d'un dialogue entre la puissance occupante et le régime de Vichy.

La veille, le 23 octobre, à Hendaye près de la frontière hispano-française, Hitler avait eu une entrevue avec le général Franco dans le but d’entraîner l'Espagne dans la guerre.

Les débats se déroulèrent dans la voiture personnelle du Führer, après une poignée de main échangée sur un quai de la gare entre lui et Pétain. Aucun compte rendu officiel de ces débats ne fut publié, mais on sait que seul le principe de la collaboration fut établi sans qu'aucun engagement fût pris d'aucune part. Il est d'ailleurs important de souligner que cette entrevue intervint en même temps que les débats de la commission d'armistice entre la France et l'Allemagne, tout en étant totalement distincte.

Cette entrevue fit les gros titres de la presse française et fut le sujet d'un discours radiodiffusé du chef de l'État français le , où Pétain s'efforça de montrer qu'une nouvelle ère s'ouvrait pour la France : de nation vaincue, elle devait selon lui accéder à un statut respectable en devenant le partenaire du vainqueur, dans le cadre du nouvel ordre européen dicté par l'Allemagne nazie.

Par ce discours radiodiffusé, Pétain engage personnellement et officiellement le régime de Vichy dans la collaboration.

Montoire a par la suite pris une dimension symbolique comparable à l'appel du 18 Juin du général de Gaulle. Dans la mémoire collective française, la photographie de De Gaulle lisant son injonction à poursuivre le combat au micro de la BBC s'oppose à celle de la poignée de main entre Pétain et Hitler. Ces deux documents ont atteint le statut de symboles en fixant des moments-clés de l'Occupation, soulignant la dimension fondatrice des événements en cause : respectivement, la poursuite de la lutte aux côtés du Royaume-Uni et l'organisation de la collaboration avec l'Allemagne.

La gare de Montoire-sur-Loir, sur la ligne de Pont-de-Braye à Blois, fut choisie pour sa proximité de la ligne Paris-Bordeaux-Hendaye et pour une autre raison stratégique : à moins de quatre kilomètres de là se trouve le tunnel ferroviaire de Saint-Rimay, long de 550 m, pouvant abriter le train allemand en cas de menace aérienne.

Ce tunnel sera d'ailleurs fortifié dès juillet 1942 par l'organisation Todt et des bunkers construits à proximité pour abriter le W3, un Führerhauptquartiere, un des vingt quartiers généraux du Führer, disséminés en Allemagne et en Europe occupée mais qui n'y sera jamais installé.

 

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